La vie est un cercle vicieux, aussi infernal que cruel. Sans pitié. Si, à certain moment, nous pouvons être heureux, nous finissons toujours par retourner à notre malheur, car l'humain, quoi qu'il ait, quoi qu'il fasse, ne se contentera jamais de ce qu'il a. Il voudra toujours plus.
Judith revint dans l'appartement qu'elle partageait avec son bien aimé. Elle était en avance pour une fois et avait hate de retourner dans les bras de son amour. Rien que cette idée la rendit d'une excellente humeur.
À vingt cinq ans, elle étudiait toujours en médecine, c'était une de ses passions. Sa curiosité était grande et sa soif d'apprendre sans pareil. Son compagnon, quand à lui, n'avait fait que trois ans d'études et travaillait maintenant en tant qu'assistant social dans une entreprise de pétrole connue. Il gagnait plutot bien sa vie et il économisait pour sa "future petite famille" comme il disait.
Pour faire la "surprise", Judith préféra ne pas sonner à la porte et entrer directement, sans bruit, et surprendre son futur mari qui devait bien être avachit devant la télé en l'attendant. La clé tourna dans la serrure et la porte d'entrée s'ouvrit sans aucun bruit. Pour être plus discrète, Judith enleva ses chaussure à talons et se glissa dans l'appartement où la pénombre reignait. La première chose qu'elle nota fut l'athmosphère. Elle était plus pesante, presque menaçante. Puis, Judith remarqua qu'il n'y avait aucun bruit. Elle arriva dans le salon, aussi discrète qu'une ombre. Aucune lampe n'était allumée, aucun bruit ne se faisait entendre. Elle ouvrit grand ses oreilles... Si! Il y avait un léger bruit. Des bruits de de froissement de drap et quelque craquement lié au plancher ou à un meuble en bois. Ils venaient de la chambre à coucher. Judith sentit son coeur accélérer. Non, elle ne voulait pas voir ce qu'il y avait dans la chambre mais sa curiosité était trop grande. Prenant son courage à deux mains, elle ouvrit d'un coup sec la porte.
-QUOI??!!
La jeune femme claqua la porte sous l'air ébahit de son compagnon et de la fille qu'il tenat dans ses bras. Puis, remettant ses chaussures à talons, elle partit de cet appartement infernal en courant. Elle faillit trébucher dans les escaliers mais se rattrape in-extremi. Elle courut longtemps encore dans les rues de Paris. Finalement, à bout de souffle, Judith s'arrêta et s'assit sur les marches devant un petit théâtre.
Son coeur battait à grands coups douloureux. Les larmes qui coulaient sur ses joues pâles, emportant avec elles le beau maquillage de la jeune femme, lui semblaient brulantes. Ses muscles lui faisaient mal à en crier.
Souffrance. Tout ce qu'elle vivait se reflétait dans ce seul mot. Souffrance. Elle n'avait que connu ça. Souffrance. Après s'être sorti de sa dépendance à la drogue, grâce à son petit ami, elle croyait pouvoir être heureuse mais... Souffrances. Non, elle n'habritait pas en son sein qu'une seule souffrance mais plusieurs. Toujours plus grandes les unes que les autres. Dès qu'elle se relevait, plus forte qu'avant, elle retombait encore plus bas. Elle venait maintenant d'atteindre l'enfer.
Une heure passa. Judith souffrait de plus en plus. Les appels de Kevin se succédaient mais elle ne répondait pas. Elle ne répondrait pas. Les larmes coulaient toujours suivant les lignées noires tracées par le maquillage qui avait coulé. Mais Judith ne s'en souciait plus. Elle venait d'avoir une idée. Une idée qui lui avait parut si stupide avant mais dont elle avait besoin maintenant. Elle composa le numéro qu'elle avait tant composé dans le passé.
-Allo? dit une voix masculine.
-J'en ai besoin. Je suis devant le petit théâtre où l'on avait l'habitude de se rejoindre. Je t'attends.
Et la jeune femme raccrocha. Elle avait tenté d'utiliser une voix neutre. Mais il l'a connaissait bien. Il savait qu'elle était triste. La pluie commença à tomber.
Quand enfin il arriva, il la trouva dans un piteux état. La pluie se mêlait à ses larmes et son maquillage, qui avait été soignesement appliqué sur les yeux, s'était répendu sur toute la surface du visage.
-Tient. Tu as besoin d'autre chose?
-Une bouteille de rhum.
-Tient j'en ai une.
Il lui tendit une bouteille et un paquet. Sur ce dernier était noté "anti-dépresseur". En échange, Judith lui lança son porte-monnnaie. Puis il partit, lui lançant un regard désolé.
La jeune femme ne s'en souciat guère et ouvrit la bouteille. Elle but une gorgée puis ouvrit le paquet d'anti-dépresseur. Elle le savait, ce n'en était pas. Jake n'était pas pharmacien, c'était un dealer. Et ç'avait été aussi son meilleur ami. Elle prit un premier comprimé, qu'elle fit descendre avec son rhum. Puis un deuxième. Puis un troisième. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que l'impression que sa tête allait explosé l'arrêta dans son élan. Elle voulut se relever, complétement paniquée, mais elle tomba sur le bitume. Elle avait froid, mais ne pouvait plus bouger. Ses yeux se fermèrent.
Alors que ses pensées revenaient sur sa cruelle de vie, un coeur s'arrêta de battre. Pourtant, dans un dernier élan de conscience... elle perçut un autre battement de coeur. Ce n'était pas le sien, de coeur, qui battait. Elle mourut avec cette conviction
Le lendemain, dans le journal, en gros titre:
" Une femme enceinte a été retrouvée morte, ce matin, devant un petit théâtre de banlieu, suite à une overdose de drogue"
